L'histoire ressurgit!

L'histoire ressurgit sur le site des grands événements

L'aménagement ephémère

Reconnu mondialement comme un lieu de rassemblement par excellence, le site des grands événements est d'abord un lieu rempli d'histoire. Par la réalisation d'un aménagement éphémère, la Commission des champs de bataille nationaux souhaite mettre en valeur le patrimoine bâti et paysagé de ce secteur des plaines d'Abraham.

Le tracé du parcours piétonnier, qui est en fait une réinterprétation du fil de fer barbelé et de cibles, marque l'emplacement d'anciens bâtiments tout en rappelant la vocation militaire du site.

Cartoucherie de l’Arsenal, 1936. Archives Commission des champs de bataille nationaux.

Un pan de l'histoire du site

La cartoucherie de l'Arsenal

En 1879, le gouvernement canadien fonde la Cartoucherie de Québec afin d'approvisionner son armée en munitions. Érigée dans l'enceinte du Parc de l'Artillerie, laissé vacant suite au départ des troupes britanniques en 1871, elle n'est opérationnelle qu'en 1882.

Certaines des opérations de la chaîne de production, dont le remplissage et l'assemblage des cartouches, représentent cependant un danger pour la population en raison des risques élevés d'explosion. C'est pourquoi, en 1884, des ateliers sont érigés sur les plaines d'Abraham, plus précisément sur le terrain appelé à l'époque Cove Fields, pour que ces tâches y soient effectuées.

L'installation est composée initialement de huit à neuf bâtiments et est agrandie à plusieurs reprises. Le complexe est d'abord ceinturé d'une clôture de cèdre de huit pieds de hauteur comportant deux guérites, mais à des fins de sécurité, elle est remplacée par une clôture de barbelés. Les bâtiments en bois sont entourés de palissades et sont isolés les uns des autres par des remparts de terre afin de limiter les dégâts en cas de déflagration.

Un champ de tir est également aménagé de façon à contrôler la qualité des munitions. Par la suite, un autre complexe formé de cinq bâtiments s'implante plus à l'ouest. Il s'agit du Fulminate Buildings Dominion Arsenal, laboratoire de fulminate de mercure qui est utilisé comme explosif. Ce complexe est également entouré d'une palissade.

Les conditions sont difficiles à la cartoucherie des plaines d'Abraham et les journées de travail sont longues. La main-d'œuvre y est en grande partir féminine. Au fil des ans, ce sont de 100 à 200 femmes qui se relaient pour assurer les dernières opérations de production des cartouches et des obus. Bien que les ateliers soient éclairés à l'électricité, la chaîne de montage dépend de l'énergie produite par une bouilloire chauffée au charbon. La salle des fournaises est donc le cœur de la cartoucherie.

Le danger est bien réel dans ces ateliers et les blessures ne sont pas rares. Le 12 janvier 1899, un sac de fulminate de mercredi entreposé dans la chambre de séchage explose, ne laissant que des débris du bâtiment. L'accident ne fait aucune victime, mais sème l'émoi dans la population.

Laboratoire Fulminate, vers 1890. Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

En 1901, la Cartoucherie de Québec change de nom pour devenir l'Arsenal fédéral. L'entreprise prend de l'expansion et possède des ateliers aux quatre coins de la ville. En 1908, la Commission des champs de bataille nationaux est créée et les bâtiments de l'Arsenal nuisent au projet d'aménagement du parc des Champs-de-Bataille. Bien que devenus désuets au fil du temps, ils ne sont démolis qu'en 1939, lorsque la production de cartouches est transférée à la base militaire de Valcartier.

Arsenal, 1909. Archives Commission des champs de bataille nationaux.

Arsenal, 1930. Archives Commission des champs de bataille nationaux.

Arsenal, 1930. Archives Commission des champs de bataille nationaux.