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Histoire du parc
La Commission des champs de bataille nationaux (CCBN) a eu pour mandat en 1908 de commémorer les fêtes du tricentenaire de la ville de Québec en plus de mettre en valeur les faits d’armes des deux célèbres batailles (1759 et 1760). Hormis ces faits historiques capitaux, les plaines ont été le théâtre de nombreux autres faits historiques. Voici une brève présentation de certains de ces faits ou attraits historiques.
La Croix du Sacrifice fut inaugurée le 1er juillet 1924 en l'honneur des 60 000 Canadiens qui ont perdu la vie lors de la Première Guerre mondiale. Avant l’installation, on déposa sous le monument une première poignée de terre provenant de Vimy, lieu de la bataille où les Canadiens sont morts. Chaque année, à la 11e heure du 11e jour du 11e mois, une cérémonie commémorative a lieu devant la croix pour souligner l'anniversaire de l'Armistice.
Le " Ô Canada" fut exécuté pour la première fois lors du premier congrès catholique des Canadiens français, le jour de la Saint-Jean-Baptiste, le 24 juin 1880 (Grande fête de la Saint-Jean-Baptiste de 1880). Pour l'occasion, on organisa un concours ayant comme but la création d'un hymne, quelqu'un ayant proposé qu'un grand chant national soit exécuté pendant la fête. Il aurait été chanté au Québec Skating Club sur les plaines d'Abraham. Les paroles du "Ô Canada" ont été écrites par le juge Adolphe-Basile Routhier. La musique a été composée par Calixa Lavallée, organiste de l'église Saint-Patrice-de-Québec, très connu pour ses talents de musicien. Le "Québec Golf Club" a été créé en 1874 par un groupe de gens bien nantis, soit des officiers militaires, de riches marchands de bois, d'importants notaires, des hommes politiques et des administrateurs de banque. Le terrain de golf était situé à l'endroit appelé Cove Fields sur les plaines d'Abraham. Au départ, comme le terrain est très accidenté, on a recours aux vaches pour "tondre " le gazon à l'exception des "verts". Le premier francophone à devenir membre du club fut Sir George Garneau (premier président de la Commission des champs de bataille nationaux). En 1915, le "Québec Golf Club" doit renoncer au site des plaines d'Abraham (fin de bail). En 1922, le club achète des terrains à Boischâtel pour s'y installer en permanence. À son 60e anniversaire, en 1934, la mention royale est accordée au club. Désormais, on l'appellera le « Royal Québec Golf Club ».
Annexe de la cartoucherie de Québec. Ateliers de remplissage et de montage où de 1884 à 1938, année de la démolition du bâtiment, de 100 à 200 femmes se relayaient pour la fabrication de cartouches et d'obus. Les ateliers en bois (série de petites cabanes) étaient séparés par des amoncellements de terre visant à limiter les dégâts en cas d'explosion. Une palissade de bois tenait les curieux à distance. Situés au pied de la Citadelle de Québec, ces ateliers avaient l'aspect d'un fort à l'indienne. Ce laboratoire a fourni les munitions aux soldats envoyés par le gouvernement dans le conflit l'opposant aux troupes de Louis Riel. Pour s'assurer de la qualité des munitions, un champ de tir est aménagé à côté de l'atelier.
En 1940-1941, le ministère de la Défense nationale fait construire une quarantaine de bâtiments destinés à une vocation de camp de concentration et d’hôpital militaire. À la fin de la guerre, le maire de Québec obtient la permission d'y placer temporairement des familles sans logis. C'est à partir de 1950 que sera démoli ce "faubourg de la misère".
De 1852 à 1874, l'observatoire astronomique fournissait l'heure locale exacte aux marins des nombreux navires qui fréquentaient le port. En 1930, avec l'arrivée de la radio, la priorité devient météorologique plutôt qu'astronomique. Les renseignements recueillis serviront donc aux services de protection forestière et routière, aux lignes aériennes ainsi qu'à la navigation fluviale et océanique. En 1936, l'observatoire est démoli, les objets astronomiques et météorologiques sont cédés au Collège des Jésuites.
Albert Henry George Grey s'empara de l'idée des fêtes du tricentenaire de Québec pour faire avancer ses vues impérialistes. Il avait alors une merveilleuse occasion de transformer une fête à l'origine d'envergure municipale en une manifestation impériale. Les fêtes avaient été fixées à 1909 coïncidant ainsi avec l'inauguration du pont de Québec mais celui-ci s'écroula le 29 avril 1907. On décida donc de devancer les fêtes en 1908. 750 tentes furent dressées sur les plaines d’Abraham pouvant recevoir 3200 personnes. Le 13 février 1907 on suggéra de créer une commission afin d'administrer les fonds. C'est à Lord Grey que l'on doit la magnifique Terrasse Grey de style Moyen Âge qui nous offre une très belle vue sur la rive sud. Il avait aussi prévu dans la première moitié du siècle l'érection d'une statue dépassant de 30 cm la statue de la Liberté : "l'Ange de la paix".
Endroit où les soldats britanniques montèrent dans la nuit du 12 au 13 septembre 1759 pour combattre les Français. Cette voie de circulation offre aujourd’hui un lien entre le boulevard Champlain (en bordure du fleuve) et le parc, dans la haute ville de Québec.
La Commission des champs de bataille nationaux (CCBN) voulait faire de l'avenue des Braves la "plus belle avenue de Québec". Les travaux de construction ont commencé en 1912. L'avenue des Braves est un pont chargé d'histoire et un lieu de promenade privilégié reliant entre eux deux parcs (le parc des Braves et le parc des Champs-de-Bataille). L'avenue est macadamisée de la manière la plus solide et des plates-bandes s'insèrent entre les trottoirs et la rue. Une artère de cette classe doit présenter une architecture distinctive. Ainsi, avec sa vocation résidentielle, le type de résidences autorisées se résume à la maison unifamiliale isolée ou jumelée. Les lampadaires retrouvés sur l'avenue des Braves sont identiques à ceux des plaines d'Abraham.
Le parc des Braves a quant à lui une superficie de six hectares. C'est à cet endroit que se déroula la fameuse bataille de 1760, opposant Lévis et Murray. On peut apercevoir sur son territoire : le monument dédié aux Braves de 1760, une terrasse, deux kiosques, une plaque commémorative et des panneaux d'interprétation. Le monument des Braves dédié aux soldats français morts à la bataille de Sainte-Foy, le 28 avril 1760, est une propriété publique. Ce monument national a été exécuté par Charles Baillargé. D'une hauteur de 75 pieds (22 mètres), il consiste en une colonne de fonte cannelée. Tout en haut, la statue de Bellone, déesse romaine de la guerre, mesure 10 pieds (3 mètres) de hauteur. Sur les façades du piédestal, on retrouve une plaque au nom de Lévis, une autre au nom de Murray et une reproduction du moulin Dumont. Sur la dernière façade, on y retrouve une inscription dédiée aux braves. Des papiers et des ossements de soldats morts au combat reposent dans le socle du monument.
Aujourd'hui, il est comblé. En 1790, le major Holland, arpenteur général du Canada, fit placer un méridien à l'endroit où, croit-on, Wolfe expira. En 1913, la CCBN érigeait une colonne identique à celle de 1849 que menaçait la ruine.
Les édifices de la Ross Rifle ont occupé pendant plusieurs années le terrain situé à l'est de la tour Martello 1. La CCBN entra en possession du terrain après la démolition des bâtiments en 1931. On fabriquait à la manufacture un fusil célèbre : le fusil Ross. Cette arme était de très haute précision, mais très dangereuse pour son utilisateur car elle explosait. Établie en 1902, la manufacture Rifle (Ross Rifle Factory) a fourni des armes aux soldats canadiens lors de la Première Guerre mondiale.
Vers 1807, les tensions entre l’Angleterre et les États-Unis étant très fortes, l’ingénieur Ralph Henry de Bruyères aura la permission du Gouverneur James Craig de construire quatre tours Martello sur les hauteurs de Québec. Moins efficaces peut-être que des redoutes, les tours Martello sont très à la mode en Angleterre à la même époque : elles ne coûtent pas trop cher à construire, elles peuvent être érigées assez rapidement et elles ont un air de robustesse qui, c’est certain, impressionnera l’ennemi. C’est pourquoi, de 1808 à 1812, on construira quatre tours Martello à Québec. Malheureusement ou heureusement, la guerre de 1812 entre les Britanniques et les Américains ne prouvera jamais l'efficacité des tours, ces derniers n’étant jamais parvenus jusqu’à Québec. Les tours Martello de Québec constituent des vestiges militaires uniques au Québec. Des 196 tours construites dans le monde, 16 l'ont été au Canada dont quatre à Québec. De ces quatre, trois subsistent encore, deux d’entre elles (no 1 et 2) sont situées sur les plaines d’Abraham, tandis que la troisième (no 4) se trouve dans le faubourg Saint-Jean-Baptiste. Les tours Martello ont été classées (tour 1) ou reconnues (tours 2 et 4) comme monuments historiques. La tour Martello 3 a été démolie en 1905 pour faire place à une nouvelle aile de l'Hôpital Jefferey Hale alors situé à cet endroit. Compte tenu de leur détérioration avancée, les autres tours Martello ont été restaurées en 1992.
En 1937, un couple des États-Unis offre en cadeau la statue équestre de Jeanne d'Arc, hommage perpétuel à la vaillance et au courage des héros de 1759-1760. Naîtra alors l'idée d'aménager le jardin Jeanne d'Arc. Le premier plan présenté contenait quatre entrées majestueuses et deux grands miroirs d'eau dans lesquels la statue de l'héroïne devait se refléter. Cependant, la guerre eut raison de ce projet qui fut remplacé par un jardin de conception plus humble, mais combien magnifique. Créé en 1938 par l'architecte paysagiste Louis Perron, frère de W. H. Perron, le jardin Jeanne d'Arc allait devenir l'un des joyaux des plaines d'Abraham, au coeur de Québec. Non prévu dans le plan d'aménagement original du parc des Champs-de-Bataille, ce splendide jardin revêt un style bien particulier qui en respecte l'esprit. De forme rectangulaire et légèrement en contrebas, appelé "sunken garden", il allie le style classique français aux plate-bandes mixtes à l'anglaise. Premier Québécois diplômé d'une école d'architecture de paysage, Louis Perron a réussi à y combiner la structure géométrique du jardin français (allées en ligne droite, rangée d'ormes, entrées face à face, etc.) et la végétation débordante, spontanée, d'allure naturelle à l'anglaise.
Construit entre 1931 et 1933, le réservoir municipal de Québec a coûté 516 193 $. De nos jours, il en coûterait plus de 15 millions à bâtir. Sa construction fut un bon moyen pour combattre les effets de la crise. Sa fonction d'origine était d'alimenter les quartiers Champlain et Limoilou. L'eau y était alors renouvelée aux trois jours. Sa fonction actuelle est l'alimentation de la partie basse du Vieux-Québec, le Cap-Blanc, les quartiers Saint-Jean-Baptiste et Saint-Sauveur. Le réservoir pourrait servir lors d'incendie majeur. En cas d'urgence, le réservoir peut alimenter toute la ville durant 24 heures. L'eau n'a pas besoin d'être pompée puisque le réservoir est situé sur le lieu le plus élevé de Québec.
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